Toute histoire a une fin, & la sienne a été particulièrement rapide. Si à mon retour au boulot à la fin de mon congé, j'ai vu la difficulté de faire manger mémé & qu'on a cru qu'elle a attrapé froid, 5 jours plus tard, je venais de constater ce que je craignais : son hospitalisation la veille de mon retour pour l'Eid. Inutile de vous dire le malaise interne quand, à travers une vitre qui fixe la frontière entre la réanimation & le monde extérieur, j'ai vu mémé endormie dans son lit & maintenue en vie avec du sérum, d'une bouteille d'eau & de l'oxygène. Un air de déjà vu avec mon père il y a plus de 10 ans à la différence que c'était à travers un écran en noir & blanc posé sur la porte de la réanimation d'une autre polyclinique. Inutile que je parle du lieu d'hospitalisation étant donné que tout le monde. Cela vous fait rappeler ces immeubles avec des couloirs & murs peints en vert du blouson médical, réception & portes dont le point commun est qu'il vous donne la chair de poule. Le staff, si on ose dire, est pour le moins susceptible avec leur négligence & leur hypocrisie quand ils refusent de prendre le bakchich avant de le reprendre pour des tâches qu'ils sont censés de le faire. Comme me l'a quelqu'un quand j'ai montré mon dégoût: "Hada jari bih el 3amal" (C'et comme ça se passe) Des vacances au goût amer que j'ai passées. Durant les derniers 5 jours décisifs, le corps de mémé a été réhydraté & son état de santé revenait très lentement à l'état normal. La dernière chose que je me rappelais est qu'elle faisait bouger ses paupières & essayait de bouger sa tête ou quelque chose de ce genre. 2 scénarios se présentaient : retour à la vie normale ou le rétablissement avant la chute finale.
Mardi matin, j'étais de retour à Agadir pour me préparer au boulot. Le lendemain midi, alors que je sortais à peine de mon travail pour déjeuner, ma mère m'appela. Sa voix ressemblant à une femme qui essaie de cachait sa blessure l'a trahie. J'ai compris que mémé a quitté le monde pour toujours.
A suivre...

